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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 15:13

Tunisie: des dizaines d'agences de voyages menacées de fermeture

 

Agence France-Presse
Tunis

 

Plusieurs dizaines d'agences de voyages en Tunisie risquent de fermer très prochainement si le gouvernement ne réagit pas immédiatement, a annoncé lundi le président de la Fédération tunisienne des Agences de voyages et de Tourisme (Ftav), Mohamed Ali Toumi.

 

«Des dizaines d'agences pourraient être obligées de cesser leurs activités dans les prochains jours si des solutions urgentes ne sont pas trouvées dans l'immédiat», a-t-il précisé à la presse.

Les 700 agences de voyages, qui «constituent le maillon le plus important dans la chaîne touristique», emploient quelque 8000 personnes, a ajouté M. Toumi, déplorant «une situation catastrophique».

 

Ces fermetures «entraîneront de facto la mise au chômage forcé de plusieurs centaines d'employés, voire de plusieurs milliers dans les prochains mois», a-t-il souligné.

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Selon M. Toumi, «il n'y pas de visibilité dans le secteur touristique pour 2012, donc cette situation peut s'accentuer».

«Nous sommes menacés de disparaître s'ils ne nous soutiennent pas et continuent à négliger nos revendications», a-t-il encore dit.

 

Depuis le 7 février 2011, la Ftav a déposé au ministère du Tourisme un dossier contenant des propositions, dont la création d'une cellule de crise pour le sauvetage des agences de voyages. Elle a également demandé un soutien financier pour ces agences et un allègement des procédures administratives afin de «faciliter leur travail».

La fédération a proposé au gouvernement de réduire le montant des taxes et de lancer une campagne de sensibilisation au respect de l'environnement des espaces publics et des sites touristiques.

 

Elle réclame également que les agences de voyages puissent commercialiser le pèlerinage à la Mecque, un monopole public jusqu'à présent.

Le pèlerinage à la Mecque était sous le contrôle des proches du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Imed Trabelsi, neveu de l'épouse de l'ex-président Leïla Trabelsi a été condamné, ainsi qu'un ancien ministre des Affaires religieuses de Ben Ali pour trafic et corruption dans l'organisation des voyages à la Mecque.

«Nos demandes restent encore sans réponses et si d'ici le 15 février le gouvernement continue à nous négliger, nous allons réagir», a mis en garde M. Toumi.

 

Secteur clé de l'économie tunisienne, le tourisme a subi de plein fouet les contrecoups de l'insurrection qui a abouti à la chute du président Ben Ali le 14 janvier 2011.

 

cyberpresse.ca, 31 janvier 2012

Par sud emploi midi-pyrénées - Publié dans : Monde
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 15:00

Le chômage à son plus haut en zone euro

Rédaction en ligne

mardi 31 janvier 2012, 11:25

Le taux de chômage dans la zone euro était à son plus haut historique en décembre 2011 à 10,4% de la population active, selon des données publiées par l'office européen des statistiques Eurostat.

 

Ce nouveau record a en fait déjà été atteint dès novembre, puisque Eurostat a révisé à la hausse le taux de chômage de ce mois à 10,4% contre 10,3% précédemment. Ce niveau est conforme aux prévisions des analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires.

 

Il s'agit du huitième mois consécutif au cours duquel le chômage a atteint ou dépassé le seuil de 10% dans la zone euro. Selon les calculs d'Eurostat, 16,469 millions de personnes étaient au chômage dans la zone euro en décembre, soit 20.000 de plus qu'en novembre.

 

L'Espagne est toujours le pays où le taux de chômage est le plus élevé, à 22,9%, comme le mois précédent, devant la Grèce (19,2%). Et l'Autriche reste celui où il est le plus faible, à 4,1%, devant les Pays-Bas (4,9%) qui détrônent à la deuxième place le Luxembourg (5,2%).

 

Le taux de chômage de la France, à 9,9%, progresse par rapport à novembre (9,8%). En Allemagne, le taux est inchangé à 5,5%. La Belgique se trouve entre les deux avec un taux de chômage de 7,2% en décembre.

 

Pour l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage est resté stable en décembre par rapport à novembre à 9,9%, mais là encore, Eurostat a révisé à la hausse le taux de novembre (9,8% précédemment).

 

Lesoir.be, mardi 31 janvier 2012

Par sud emploi midi-pyrénées - Publié dans : Actualités
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 14:56

Une agence de notation participative

Standard & Poor's, Moody's et Fitch comptent désormais un nouveau concurrent. Conçu par deux ingénieurs suisses sur le modèle de Wikipédia, Wikirating est un site d'évaluation financière communautaire. Explications

30.01.2012 | Renaud Malik | Le Matin

 Le site participatif d'Erwan Salembier &amp; Dorian Credé, Wikirating.org

 Le site participatif d'Erwan Salembier & Dorian Credé, Wikirating.org

 

 

C'est officiel, la Suisse a perdu son triple  A. Tout comme la France. Tel est en tout cas le verdict de Wikirating, première agence de notation communautaire du monde. Conçue par deux ingénieurs zurichois, elle se veut une alternative sérieuse aux poids lourds que sont Standard & Poor's, Fitch et Moody's.

 

Actif depuis quelques semaines, le site Wikirating.org ressemble comme deux gouttes d'eau à Wikipédia. C'est le même esprit participatif qui y règne: chaque inscrit vote pour noter un pays ou une société. Et ça fonctionne, observe le Franco-Suisse Erwan Salembier, cofondateur du site: "Les contributeurs sont des amateurs, mais avec un certain degré d'expertise. Beaucoup d'étudiants en master finance nous ont dit participer. Le résultat des votes correspond d'ailleurs bien à la réalité. Par exemple, quand la France écope d'un simple A, cela me semble plus crédible que le triple A que lui donnait il y a peu encore Standard & Poor's ! "

 

Erwan Salembier et son confrère Dorian Credé ont beau se défendre d'être des "indignés", ils partagent le même agacement devant la toute-puissance des grandes agences. C'est la manière contestable dont elles ont noté les obligations liées aux subprimes à l'origine de la crise de 2008 qui a conduit les deux informaticiens à créer Wikirating : "On a été ébahi devant la puissance des agences de notation, le manque de transparence dans leur méthodologie, et l'absence d'alternative offerte aux investisseurs. On a eu l'idée de créer une communauté d'utilisateurs qui seraient aussi acteurs. Il nous a fallu un an et demi pour mettre Wikirating en ligne."

 

La jeune plate-forme aurait-elle la prétention de concurrencer les Fitch et Moody's? "On ne se voit ni comme des concurrents ni comme des ennemis de ces agences", sourit Erwan Salembier. "Nous voulons simplement combler le manque de transparence et offrir la possibilité de comparer."

 

Certes, poursuit le trentenaire d'origine bretonne, il reste beaucoup à faire. Développer les méthodes de notation et élargir la masse des contributeurs, notamment. A terme, Wikirating pourrait pourtant bien s'imposer comme une référence crédible pour les banques et les risk managers, conclut Erwan Salembier : "Oui, on pense qu'ils peuvent parfaitement accorder leur confiance à un site communautaire. Ce n'est pas si insensé. Après tout, au début de Wikipédia, les gens étaient sceptiques. Aujourd'hui, c'est une référence! "

 

Courrier International.com,  31 janvier 2012

Par sud emploi midi-pyrénées - Publié dans : Actualités
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 14:07

Le Point.fr - Publié le 31/01/2012 à 08:38 - Modifié le 31/01/2012 à 11:42

Hervé Gattegno, rédacteur en chef au "Point", intervient sur les ondes de RMC du lundi au vendredi à 8 h 20 pour sa chronique politique "Le parti pris".

 

Ce matin, vous voulez nous parler d'un escamotage très discret : celui du projet de loi sur la prévention des conflits d'intérêts, pourtant promis l'an dernier par Nicolas Sarkozy. Votre parti pris : une nouvelle occasion perdue de moraliser la vie publique. Rappelez-nous de quoi il s'agit.


C'est à la fois l'histoire d'un anniversaire et... d'un enterrement. Il y a un an à quelques jours près, le 26 janvier 2011, Nicolas Sarkozy se faisait remettre en grande pompe un rapport qui préconisait l'instauration de nouvelles règles précises en matière de déontologie dans la vie publique. Il promettait alors que ce rapport ferait date, qu'il inspirerait un texte de loi et qu'on allait voir ce qu'on allait voir en matière d'État irréprochable et de République exemplaire. Seulement l'urgence s'est relativisée au fil des mois. Un projet de loi a quand même été présenté au conseil des ministres le 27 juillet 2011 puis transmis à l'Assemblée. Depuis, plus rien. Le texte ne sera pas examiné avant la fin de la session parlementaire. C'est ce qu'on appelle un enterrement de première classe.

 

Qu'est-ce qui vous fait dire que c'est un blocage volontaire ? Après tout, c'est vrai que le calendrier parlementaire est très chargé jusqu'à la présidentielle...


Tout dans cette histoire démontre l'intention de faire diversion. L'idée de légiférer sur les conflits d'intérêts n'est pas venue spontanément. Il y a eu l'affaire Bettencourt, avec la mise en cause du ministre Éric Woerth dans un embrouillamini de services rendus, de faveurs et de financement politique qui ne faisait pas bonne impression. Puis Martin Hirsch, à peine sorti du gouvernement, a publié un libelle qui ne révélait rien de sulfureux mais qui, curieusement, a suscité la fureur du monde politique. Et encore l'affaire du voyage de MAM en Tunisie. Du coup, l'idée de saisir une commission de sages - formée par trois des plus hauts magistrats de France : le vice-président du Conseil d'État, le premier président de la Cour des comptes et l'ancien premier président de la cour d'appel de Paris - ressemblait à un subterfuge ultra-classique pour neutraliser un sujet dérangeant - le coup du "comité Théodule". C'était presque trop gros. Eh bien c'est exactement ce qui s'est passé !

 

Qu'est-ce qu'il y avait de si terrible dans ce rapport dont le gouvernement n'a pas voulu ?


Des principes et des règles - ce qui manque trop souvent dans la vie publique en France. Un cadre strict pour empêcher les situations dans lesquelles une personne chargée de l'intérêt public peut prendre des décisions qui croisent ses intérêts privés. Par exemple le départ d'un conseiller de l'Élysée pour une entreprise sur laquelle il a travaillé, les avis donnés par des experts sur les autorisations de médicaments... En clair, c'était un code de déontologie pour les ministres, les hauts fonctionnaires, les magistrats - au total, le rapport visait 4 000 agents publics qui devaient s'engager à éviter toute situation litigieuse. Le projet de loi avait déjà beaucoup réduit cet objectif. À l'arrivée, il n'y aura rien du tout. On a préféré les mauvaises habitudes aux bonnes résolutions.

 

Mais le gouvernement aura beau jeu de répondre qu'avec la crise, il y a bien d'autres priorités...


C'est un tort. Depuis 1988, tous les gouvernements ont fait adopter des lois qui ont fait progresser la transparence et l'éthique dans la vie publique - qu'il s'agisse du financement des partis, de la fin des fonds secrets ou de la surveillance des marchés publics. Tous sauf celui de François Fillon, donc, et malgré les serments de Nicolas Sarkozy. C'est d'autant plus regrettable que ces textes-là ne coûtent rien ou presque à mettre en oeuvre. Les lois sur la transparence ne creusent pas la dette. Au contraire, elles aident à combler un déficit : le déficit de confiance des citoyens envers ceux qui les représentent et qui les dirigent. Hélas, tout porte à croire que cet argument-là a été négligé.

Par sud emploi midi-pyrénées - Publié dans : Actualités
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 13:54

Le Point.fr - Publié le 31/01/2012 à 13:44 - Modifié le 31/01/2012 à 13:45

En France, 4 000 médecins diplômés en dehors de l'Union européenne exercent dans les hôpitaux publics. Sans statut, ni reconnaissance.

En France, les praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) sont plus de 4 000. Ils exercent la médecine, parfois depuis plus de dix ans, sans pouvoir espérer voir leur salaire augmenter.

En France, les praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) sont plus de 4 000. Ils exercent la médecine, parfois depuis plus de dix ans, sans pouvoir espérer voir leur salaire augmenter. © SIMON ISABELLE / SIPA

 

En France, ils sont 4 000, majoritairement de nationalité française. Ils viennent d'Algérie, du Sénégal, du Canada, de Russie ou encore du Liban. Ils exercent la médecine dans les hôpitaux publics hexagonaux depuis des années. Ils assurent la prise en charge des patients, effectuent des consultations, se rendent au bloc opératoire et réalisent gardes et autres astreintes. Mais au regard de la loi française, ces 4 000 "médecins de fortune" ne sont pas réellement des "docteurs". Pas en raison de leur nationalité. À cause de celle de leurs diplômes.

 

Ce sont les PADHUE, les praticiens à diplôme hors Union européenne. Leur particularité : ils pourraient exercer librement la médecine dans leur pays d'origine puisqu'ils en sont diplômés. Seulement la France ne reconnaît pas leur diplôme. Du coup, le libre exercice de la médecine en France leur est interdit. Concrètement, les PADHUE ne peuvent aspirer qu'à des postes au sein d'établissements publics de santé. Pourtant, leur importance dans le système français de santé est capitale.

 

"Je ne connais pas un établissement hospitalier qui pourrait se passer de ses PADHUE. Ils sont incontournables pour le bon fonctionnement du service public de santé français", explique Hocine Saal, secrétaire général du syndicat national des PADHUE. Un constat largement partagé par Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) : "Enlevez les PADHUE et il faudra fermer tous les hôpitaux qui disposent de services de permanence de soins. Au Samu, aux urgences, en chirurgie ou en neurochirurgie, les PADHUE sont légion. Ils assurent les gardes, les astreintes et travaillent les jours fériés. Ils sont indispensables."

Précarité

Alors si dans les faits les PADHUE exercent effectivement la médecine, d'un point de vue administratif, ce ne sont pas des médecins. Du moins, ils ne répondent pas à l'appellation "docteur en médecine". Pour prétendre à cette consécration synonyme d'inscription au tableau de l'Ordre des médecins, les PADHUE doivent se soumettre à un long processus d'évaluation dont l'étape principale passe par la validation de la PAE, la procédure d'autorisation d'exercice. Sans cela, les PADHUE ne peuvent espérer aucune évolution, ni de leur carrière ni de leur salaire. D'ailleurs, pour les mêmes tâches exercées, la rémunération des praticiens à diplôme hors Union européenne est moitié moins importante que celle de leurs confrères diplômés en France. Une précarité certaine qui dure depuis de nombreuses années.

 

Depuis les sept années qu'elle exerce en France, Widad Abdi a pu mesurer l'ampleur du problème. À 34 ans, elle pratique l'anesthésie depuis plus de dix ans : "J'ai toujours eu le même statut. Du coup, j'ai le même salaire depuis mon arrivée en France, c'est-à-dire celui des internes à leur tout début. Sauf qu'eux, ils ont connu une évolution traditionnelle : je les ai vus prendre du galon, devenir chefs de clinique ou praticiens hospitaliers, avec les responsabilités et les salaires qui vont avec. Moi je n'ai pas bougé."

 

La raison de cette différence de traitement : à l'heure de la mondialisation de la médecine, la reconnaissance des diplômes étrangers n'est pas automatique. Seuls les ressortissants communautaires (membres de l'Union européenne et de l'Espace économique européen) voient leurs diplômes validés quasi automatiquement. Pour les autres, il faut en passer par la PAE. La communauté médicale souhaite par là préserver le niveau de son système de santé en s'assurant que "les nouveaux entrants ont le niveau". Sur le fond, personne ne conteste l'existence d'un système d'évaluation. "La France ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi en faisant venir n'importe qui. Il faut maintenir le niveau d'excellence de la médecine française, c'est une évidence, personne ne revient sur ce point", tient à préciser Hocine Saal.

La PAE en question

Ce qui est moins unanimement admis, c'est la forme de la PAE, jugée nébuleuse et aléatoire par certains. Elle soulève certains points d'interrogation et parfois même des points d'exclamation, à l'instar du docteur Patrick Pelloux qui pointe du doigt ce système : "C'est ridicule ! La PAE ne veut rien dire. Elle n'est pas adaptée à la réalité du terrain."

 

Car concrètement, les praticiens à diplômes hors Union européenne doivent d'abord se soumettre à un concours drastique (en 2009, selon le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers, 165 postes étaient disponibles pour 1 078 candidats) avant de passer devant une commission composée de représentants de la communauté médicale. Cet aréopage rendra ensuite un avis définitif sur le praticien, lui autorisant ou non le libre exercice de la médecine en France.

 

Ce processus est très lourd et rares sont les élus. Widad Abdi est l'auteur de plusieurs publications renommées dans sa discipline, l'anesthésie, et pourtant : "En 2010, en anesthésie, nous étions environ 300 candidats pour 10 à 15 postes. À chaque fois, j'ai bien plus de la moyenne et je n'ai jamais été reçue. D'autant que je n'ai jamais compris les grilles de notation des examinateurs. Sur deux années, pour la même matière, j'ai eu plus de 6 points d'écart entre les deux notes."

 

"Ce dispositif est beaucoup trop lourd. Il y a par exemple des épreuves de connaissances du français ! Pourquoi ne pas faire passer des épreuves sportives aussi tant qu'on y est ? Il faut arrêter avec l'hypocrisie. Si ces personnes-là exercent depuis des années, c'est bien qu'elles sont compétentes ! Sinon personne dans le monde médical ne les ferait travailler", s'insurge Patrick Pelloux.

Compétences

Il apparaît pourtant difficile d'assurer que les 4 000 PADHUE soient tous du même niveau. Certaines voix s'élèvent d'ailleurs contre ce postulat. "On ne peut présager de rien. L'hypocrisie, c'est aussi de fermer les yeux sur la compétence véritable des PADHUE sous prétexte qu'ils rendent des services à certains hôpitaux, tempère le professeur Benoît Schlemmer, vice-président de la Conférence des doyens des facultés de médecine. Car dans les zones géographiques qui pâtissent d'une faible démographie médicale, les PADHUE incarnent effectivement une solution toute trouvée pour les hôpitaux de petite et moyenne taille. Par exemple, dans l'Orne, à l'hôpital d'Argentan, 40 % des spécialistes sont des PADHUE tandis qu'ils représentent plus d'un tiers des médecins au centre psychothérapique d'Alençon.

 

"Le système hospitalier fonctionne cahin-caha. Les PADHUE assurent des fonctions que d'autres ne veulent pas forcément faire et, en parallèle, les hôpitaux français ont un énorme besoin en médecins. Avec la PAE, ce n'est pas l'idéal, mais on se dirige vers un système plus juste et moins hypocrite", précise Benoît Schlemmer.

Urgence de la situation

C'est un texte voté - dans l'urgence - qui va permettre de donner une bouffée d'oxygène aux PADHUE. Car, en plus de la polémique sur la PAE, c'est un tout autre problème dont se saisit la communauté médicale : le départ imminent de tous les PADHUE de France. Le Parlement a définitivement adopté le 24 janvier dernier une loi sans laquelle tous les praticiens à diplôme hors Union européenne n'ayant pas validé leur PAE au 31 décembre 2011 se seraient vus frappés d'interdiction d'exercice de la médecine sur le sol français. En tout, 4 000 praticiens à diplôme hors Union européenne se seraient retrouvés dans l'illégalité la plus totale à compter du 1er janvier 2012 et auraient dû quitter la France pour exercer la médecine dans leur "pays de diplôme".

 

"On ne pouvait pas accepter que tous les PADHUE ne puissent plus exercer la médecine alors que la plupart sont là depuis des années. La FHF (Fédération hospitalière de France, NDLR) est d'ailleurs montée au créneau pour alerter les autorités ministérielles. Il a fallu mettre en place une procédure d'urgence, mais à présent, le processus est plus juste même s'il faut encore attendre les modalités d'application", souligne Cédric Arcos, directeur de cabinet à la FHF, porte-parole des établissements publics de santé.

 

Dorénavant, les praticiens à diplômes hors Union européenne recrutés en France entre 2004 et 2010 ont jusqu'à fin 2016 pour valider leur PAE. Mais pas seulement. Nouveauté de taille : les PADHUE peuvent désormais passer un examen et non plus le concours drastique redouté par tous. La moyenne devient le seul obstacle. Alors même s'il faut encore attendre la publication des décrets d'application pour effacer toutes les préoccupations, une porte s'ouvre avec cette loi pour les 4 000 praticiens à diplôme hors Union européenne qui exercent la médecine dans les hôpitaux français depuis 2004. Celle de faire reconnaitre leur diplôme et leur qualité de médecin. En espérant que tout puisse enfin rentrer dans l'ordre. Et les PADHUE aussi...

Par sud emploi midi-pyrénées - Publié dans : Actualités
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