Le taux de personnes parties en « vacances » -ce qui correspond à un départ pour des raisons personnelles au moins quatre nuits consécutives hors du domicile -chute à 58 % aujourd'hui, contre 65 % en 1995, souligne une récente étude du Crédoc, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie. La crise qui a débuté fin 2007 a eu tendance à accélérer cette trajectoire descendante : entre 2007 et 2008 le taux de partants a chuté de 4 points pour atteindre un niveau historiquement bas et s'établir à 52 %. Depuis 2011 les choses s'améliorent, avec un nombre de vacanciers qui renoue avec son niveau d'avant 2008, c'est-à-dire 58 %.
Mais pas pour tout le monde. Les catégories modestes qui en temps normal ont déjà plus de difficultés pour partir en vacances, sont les plus touchées par la crise : le taux de départ en vacances varie du simple au double entre le bas et le haut de l'échelle des revenus, et ces différences continuent de se creuser. Les ménages les plus modestes ne sont plus que 37 % à partir en vacances en 2012 contre 47 % en 2007, tandis que les catégories les plus aisées continuent de partir en vacances dans une proportion stable autour de 80 %, relève le Crédoc.
Les raisons financières expliquent deux tiers des non-départs des personnes se situant en bas de l'échelle des revenus, qui sont les premières touchées par l'augmentation du chômage qui sévit avec la crise. D'autres facteurs sont également en cause : les plus modestes sont moins souvent équipés d'une voiture, disposent d'un réseau relationnel moins étendu -quand 66 % des nuitées en France sont passées chez des amis ou de la famille -sans parler de l'accès à Internet et à ses offres touristiques, auxquels n'ont pas accès 34 % d'entre eux.