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Santé : 31 millions d'Américains bientôt mieux couverts
 
 

Une grande victoire pour 31 millions d'Américains ? Ou une défaite pour les citoyens qui s'opposent outre-Atlantique à la réforme du système de santé qui vise à assurer une couverture à une majorité d'entre eux?

C'est en tout cas une des premières réformes les plus marquantes depuis l'arrivée au pouvoir de
.

Après des mois de débats, le américain a en effet ouvert lundi la voie à l'adoption, peut-être dans la nuit de Noël, de l'ambitieuse réforme de la couverture maladie chère au président américain. 31 des 36 millions d'Américains jusqu'à présent dépourvus de couverture pourraient en bénéficier.

 

Dans la nuit de dimanche à lundi, les sénateurs ont approuvé par 60 voix contre 40 la fin des débats sur le texte qui contient un «compromis» négocié ces dernières semaines au sein de la majorité démocrate. Aucun des 40 sénateurs de l'opposition républicaine n'a voté pour. Ce premier vote conclu vers 1h20 (7h20, heure de Paris) montre que le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, bénéficie bien des 60 voix sur 100 nécessaires à l'adoption du projet de loi en évitant l'obstruction des républicains. Deux autres votes de procédure visant à clore définitivement les débats sur la réforme sont prévus mardi et mercredi. Le vote définitif pourrait avoir lieu jeudi soir 24 décembre.

Obama dénonce «les groupes de pression»

Sans attendre, Barack Obama a félicité les sénateurs d'avoir «empêché le blocage d'un vote final sur la réforme de l'assurance maladie et obtenu une grande victoire pour les Américains». Lors d'une allocution à la Maison Blanche, le président a dénoncé «les groupes de pression» qui continuent à agir contre la réforme et estimé que les arguments de ses adversaires sur le coût de la réforme «ne tiennent pas la route».

La Chambre des représentants a déjà adopté le 7 novembre sa version de la réforme. Une fois que le Sénat aura adopté son propre texte, il devra être fusionné avec celui de la Chambre.La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a espéré la semaine dernière que le projet de loi soit envoyé au président Obama pour promulgation avant son discours sur «l'état de l'Union» fin janvier.


Les élus de l'opposition diabolisent la réforme

Les élus de l'opposition sont massivement hostiles à la réforme. Le sénateur John McCain l'a qualifiée de «truc à la Madoff», du nom de l'escroc emprisonné pour avoir rémunéré les clients de son fonds d'investissement avec l'apport de nouveaux investisseurs. Le rival de M.Obama à l'élection présidentielle de 2008 a fait valoir sur la chaîne de télévision ABC que le projet mettait ainsi en danger l'assurance santé des personnes âgées (Medicare).

Les Américains semblent quant à eux loin d'être convaincus par la réforme: selon un sondage CNN/Opinion Research effectué la semaine dernière, 56% d'entre eux sont hostiles au texte préparé au Sénat contre 42% qui l'approuvent. Ce sondage révèle toutefois un gain de six points en faveur de la réforme par rapport à début décembre.

Le texte de la chambre haute vise à fournir une couverture à 31 des 36 millions d'Américains qui en sont dépourvus: 94% des moins de 65 ans seraient couverts. Selon le bureau du Budget du Congrès (CBO), le projet de loi réduirait le déficit de 132 milliards de dollars sur 10 ans, notamment en réalisant des économies sur des dispositifs tels que Medicare. Les assurances se verraient quant à elles interdites de refuser une couverture au prétexte de problèmes de santé pré-existants.


Une réforme light ?

Certains observateurs qualifient quand même le texte de réforme light. En revanche, le plan n'instaure pas comme l'auraient voulu M. Obama et les principaux chefs démocrates une caisse maladie publique concurrente des assurances privées. Quelques-unes des dernières séances de négociations pour un compromis au sein de la majorité ont porté sur l'avortement. Le démocrate Ben Nelson soumettait son vote à une disposition interdisant l'utilisation de fonds publics pour financer des avortements. Samedi, après avoir obtenu gain de cause, il a annoncé son ralliement au projet de loi.

Le Parisien.fr avec l'AFP
Mardi 22 décembre 2009

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